RUSE


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Installé, comme tous les autres ports bulgares du Danube, sur la rive élevée du fleuve, Ruse dut sa croissance à la construction en 1868, dix ans avant l’indépendance de la Bulgarie, d’une voie ferrée le reliant au port de Varna sur la mer Noire, tandis que le chemin de fer venant de Vienne par Bucarest aboutissait en face, à Giurgiu, sur la rive roumaine la plus basse. Ruse fut ainsi une étape obligée entre l’Europe occidentale et Constantinople jusqu’à l’achèvement de la relation directe établie par l’Orient-Express (1888). La liaison avec Sofia fut construite au début du XXe siècle. La mise en service du pont de l’Amitié sur le Danube entre Ruse et Giurgiu (1954) a consolidé le rôle de carrefour de Ruse, devenu la ville bulgare la plus proche de l’Union soviétique puis des États issus de la partition de l’U.R.S.S. (Ukraine, Moldavie) pour les transports sans rupture de charge.

La facilité des trafics fluviaux, ferroviaires et routiers est à l’origine de l’essor industriel et, partant, de l’accroissement de la population (190 000 hab. en 1991). Les constructions mécaniques et la chaudronnerie, spécialisées à l’origine dans le matériel ferroviaire et le matériel agricole nécessaire à l’arrière-pays, couvrent désormais une large gamme: constructions navales, grues, matériel électrique, etc. L’importation du pétrole justifie la raffinerie, les campagnes voisines les sucreries, les minoteries et les industries agroalimentaires, la présence d’une abondante main-d’œuvre féminine les industries textiles et de matières plastiques.

Les rues commerçantes des vieux quartiers proches du port montrent de nettes influences viennoises. Mais de grands immeubles signalent les transformations des anciens faubourgs, et le centre de gravité de la ville s’est déplacé vers la gare et vers les abords du pont, près desquels se sont développés les quartiers résidentiels et industriels ordonnés selon de longues perspectives. Ruse est également un centre culturel important de la région de Razgrad.

ruse [ ryz ] n. f.
• v. 1180 reusse; de ruser « reculer, se retirer », du lat. recusare « repousser, refuser »; cf. récuser
1Vén. Détour par lequel un animal cherche à échapper à ses poursuivants.
2(v. 1280) Cour. Une, des ruses. Moyen, procédé habile qu'on emploie pour abuser, pour tromper. artifice, astuce, feinte, fourberie, fraude, machination, 1. manœuvre, stratagème, subterfuge, 1. truc. Ruses employées pour surprendre, vaincre un ennemi. embûche, piège. Ruse grossière. ficelle. Loc. Ruses de guerre : moyens par lesquels on surprend l'ennemi, et fig. un adversaire. Des ruses de Sioux, très habiles.
3La ruse. Art de dissimuler, de tromper; emploi habituel des ruses. 2. adresse, cautèle, finesse, habileté, perfidie, roublardise, rouerie. Il fallut recourir à la ruse. Employer la ruse en politique. Obtenir, extorquer qqch. par (la) ruse. « L'adresse, la ruse, l'habitude de tromper la justice » (Hugo). « Les affaires se traitent à demi-voix, avec la ruse du campagnard et les cachotteries du trafiquant arabe » (Fromentin).
⊗ CONTR. Candeur, droiture.

ruse nom féminin (ancien français reüser, faire reculer, du latin recusare) Procédé habile, mais déloyal, dont quelqu'un se sert pour obtenir ou réaliser ce qu'il désire : Déjouer les ruses d'un adversaire. Adresse de quelqu'un à agir de façon trompeuse, déloyale, pour parvenir à ses fins : Un visage qui dénote la ruse.ruse (citations) nom féminin (ancien français reüser, faire reculer, du latin recusare) Henri Bernardin de Saint-Pierre Le Havre 1737-Éragny-sur-Oise 1814 Les femmes sont fausses dans les pays où les hommes sont tyrans. Partout la violence produit la ruse. Paul et Virginie Napoléon Ier, empereur des Français Ajaccio 1769-Sainte-Hélène 1821 Je sais, quand il le faut, quitter la peau du lion pour prendre celle du renard. Cité par Talleyrand dans Mémoires, I ruse (expressions) nom féminin (ancien français reüser, faire reculer, du latin recusare) Ruse de guerre, tout procédé utilisé au combat pour tromper ou surprendre l'ennemi ou, familièrement, pour venir à bout d'un adversaire. ● ruse (synonymes) nom féminin (ancien français reüser, faire reculer, du latin recusare) Procédé habile, mais déloyal, dont quelqu'un se sert pour obtenir...
Synonymes :
- ficelle (familier)
- manège
- stratagème
- truc (familier)
Adresse de quelqu'un à agir de façon trompeuse, déloyale, pour...
Synonymes :
- machiavélisme
- roublardise (familier)
- subtilité

ruse
n. f.
d1./d Artifice, moyen habile dont on se sert pour tromper. Ruse de guerre: stratagème pour tromper l'ennemi.
d2./d Habileté à tromper, à feindre, à agir de façon artificieuse. Vaincre par la ruse.
————————
ruse
v. du N.-E. de la Bulgarie, sur la rive dr. du Danube, reliée à la ville roumaine de Girgiu par le pont de l'Amitié (routier et ferroviaire); 170 200 hab. Port fluvial. Centre industriel.

⇒RUSE, subst. fém.
A. — VÉN. Expédient auquel le gibier a recours pour échapper à ses poursuivants. Ruse du cerf. Un lièvre (...) tâche donc de ruser, pour se débarrasser des chiens et le retour est l'une de ses ruses (LA HÊTRAIE, Chasse, vén., fauconn., 1945, p. 156).
En partic. Ruse du renard. Habileté particulière du renard à déjouer les pièges. La ruse du renard est proverbiale. Un vieux renard sait que les pièges d'acier sont dangereux; il lui arrive de retourner le piège pour le fermer et s'emparer ensuite de l'appât (B. BROUILLETTE, La Chasse des animaux à fourrure au Canada, Paris, Gallimard, 1931, p. 60).
B. — 1. Procédé habile dont on use pour tromper. Synon. artifice, feinte, stratagème, subterfuge. Ruse diabolique, grossière, subtile; connaître toutes les ruses de; mener, ourdir, déjouer, démêler une ruse; ruse d'un complot. Les voilà donc, ces ennemis atroces de votre liberté (...) parvenus, à force de ruses, de mensonges, d'impostures, de perfidies, d'atrocités, à soulever les citoyens contre les citoyens (MARAT, Pamphlets, Affreux Réveil, 1790, p. 243):
Je comptais sans vos ruses profondes. À peine avais-je cessé d'être un homme que vous redeveniez une femme. Vous vous y connaissez en sortilèges et en machines de féerie! Vous usiez pour faire de moi un héros de toutes les armes qu'une femme emploie pour rendre un homme amoureux.
COCTEAU, Aigle, 1946, II, 5, p. 357.
Ruse d'Apache, de Sioux. [P. réf. au comportement attribué à ces peuples] Il eut des ruses de Sioux pour passer devant la venta sans être vu par des femmes du monde (MONTHERL., Bestiaires, 1926, p. 482). Je déploierai des ruses d'Apache pour me procurer un sac de malheureux bonbons à la menthe (H. BAZIN, Vipère, 1948, p. 172).
Ruse de guerre. Procédé dont on use à la guerre pour tromper l'ennemi sur ses intentions. Rodrigue serait déshonoré instantanément si contre le comte, dans un combat singulier, il usait d'une ruse de guerre; s'il en usait autrement que contre les Maures et dans la grande guerre; ce serait frauder le combat de Dieu (PÉGUY, V.-M., comte Hugo, 1910, p. 805).
P. anal. Mais lorsqu'elle s'aperçut que c'était une ruse de guerre, elle retrouva le sang-froid qui convenait à son innocence et à sa dignité (SAND, Consuelo, t. 2, 1842-43, p. 205).
Ruse innocente. Finesse, subtilité dont on use dans une bonne intention. La prière est parfois une ruse innocente, un moyen comme un autre de fuir, d'échapper (BERNANOS, Joie, 1929, p. 675).
Au plur.
Ruses de l'enfer, de Satan; ruses infernales. Suggestions insidieuses du démon pour induire l'homme en tentation. Toute beauté et toute volupté étant mises hors de ce monde, elle [la femme] n'était plus, sur la terre, que la beauté et la volupté condamnées, tenues pour diaboliques, dénoncées comme des ruses de Satan (ZOLA, Vérité, 1902, p. 288).
Les ruses du métier. Artifices auxquels on a recours pour résoudre habilement une difficulté. Synon. ficelles. Tout agioteur, connu pour tel, est frappé de réprobation comme un joueur de profession qui connaît et pratique les ruses du métier (BOYARD, Bourse et spécul., 1853, p. 182).
2. Fam. Astuce, truc permettant de résoudre une difficulté, de faire quelque chose (d'apr. ROB. 1985).
C. — Au sing. Habileté à feindre pour arriver à ses fins; art de tromper. Synon. roublardise (fam.), rouerie. Opposer la force à la ruse, la ruse à la ruse; recourir à la ruse; user de ruse; extorquer, obtenir par (la) ruse. Cet homme et cette femme, c'était ruse et rage mariés ensemble (HUGO, Misér., t. 1, 1862, p. 460). La petite (...) avait un visage plein de ruse, audacieux et fin (GENEVOIX, Raboliot, 1925, p. 92).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1180 « détours du gibier dans sa fuite » (Vie de St Gilles, 1601 ds T.-L.); 2. ca 1280 « tromperie, astuce, feinte » (Merveilles Rigomer, 13390, ibid.). Déverbal de l'a. fr. reuser, ruser « repousser, faire pencher, faire repartir » (déb. XIIe s., St Brendan, 1232 ds T.-L.) et « se retirer, reculer » (Brut, éd. I. Arnold, 4281) issu du lat. recusare « repousser, refuser » (v. récuser étymol.), une infl. des formes du Nord de la France expliquant l'effacement du -c- dans le Sud (cf. a. prov. reüsar, raüsar, rahusar, v. LEVY Prov. t. 3 1915 et G. PARIS ds Romania t. 1, pp. 233-234). Un étymon refusare (v. refuser) (A. THOMAS, ibid., t. 39, p. 392; MEYER-LÜBKE 1913, § 122; G. TILANDER ds St neophilol. t. 18, 1945-46, pp. 13-17) est moins satisfaisant du point de vue sém. et fait difficulté quant au traitement du -f- relativement aux hyp. proposées pour la formation de refusare (P. LEBEL ds Mél. Dauzat (A.) 1951, p. 188; cf. aussi l'a. prov. rebuzar « décliner, empirer » et « marcher en arrière, reculer » (fig.) LEVY Prov. t. 3 1915), FEW, G. PARIS, loc. cit. et G. TILANDER, loc. cit. rejetant l'hyp. d'un étymon retusare, dér. du rad. du supin du lat. retundere « rabattre, émousser, repousser », proposée par GRÖBER ds Archiv. für lateinische Lexikographie, 5, 234 (FEW t. 10, pp. 168-170). Fréq. abs. littér.:1 601. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 2 242, b) 1 746; XXe s.: a) 2 120, b) 2 692.

ruse [ʀyz] n. f.
ÉTYM. V. 1280, « mensonges »; reusse, 1180; de reusser, ruser, au sens anc. de « faire reculer »; du lat. recusare. → Récuser.
1 (Reusse, v. 1138). Vén. Détour par lequel un animal cherche à échapper à ses poursuivants. || Le limier (cit. 3) décèle la ruse du cerf.
2 (1518; reüse, XIIIe). Cour. (Une, des ruses). Moyen, procédé habile qu'on emploie pour abuser, pour tromper. Artifice, astuce, détour, feinte, fourberie, fraude, habileté, machination, manœuvre, stratagème, subterfuge, truc (fam.). || « Tour ni détour (cit. 8), ruse ni stratagème ». aussi Intrigue, méandre. || Ruse destinée à attraper les badauds, les niais. Attrape-gogo, attrape-nigaud, carotte; fam. piège (à cons). || Les ruses du métier. Ficelle. || Les ruses employées pour surprendre, pour vaincre un ennemi. Chausse-trape, embûche, piège, rets. — ☑ Ruses de guerre : moyens par lesquels on surprend l'ennemi, et, fig., un adversaire.Des ruses d'Apache (→ Machiavélisme, cit. 3), de Sioux, très habiles.Ourdir une ruse. Trame. || Bien mener la ruse (→ Épargner, cit. 9). || Connaître toutes les ruses (cf. Toutes les rubriques, vx). || Déjouer (cit. 4), démêler (→ Prendre, cit. 12), dépister (cit. 4) une ruse. || Échapper par une ruse. Échappatoire, faux-fuyant.Ruse grossière; subtile. || Ruses innocentes. || Ruses infernales, les ruses du démon, pour induire l'homme en tentation.
1 Va donc, surpasse-toi, sers-nous la mieux choisie
De tes ruses dans l'art joli de me duper.
Verlaine, Élégies, X.
Fam. Astuce, truc permettant de faire qqch. || Attends, je vais t'expliquer la ruse. || Ah ! c'était ça, la ruse ?
3 (V. 1360). || La ruse : art de dissimuler, de tromper; emploi habituel des ruses. Adresse (cit. 8), artifice, astuce, cautèle, finesse, habileté (cit. 12), malice, perfidie, roublardise, rouerie, subtilité. || La ruse des femmes (→ Bon, cit. 41; 1. Lieu, cit. 2). || La ruse habituelle du joueur (→ Gagner, cit. 9). || Esprit d'intrigue et de ruse (→ Organiser, cit. 4). || Recourir (cit. 2) à la ruse, user de ruse (→ Relique, cit. 4). || Employer la ruse en politique ( Diplomatie, machiavélisme; finasser). || Obtenir, extorquer par la ruse, par ruse (carotter, extorquer, subtiliser…). || Manœuvrer (cit. 11) avec la souplesse et la ruse d'un vieux renard. || Jouer son jeu avec ruse. || Employer la force et la ruse (cf. Coudre la peau du renard à celle du lion).
2 L'avocat général fit remarquer au jury cette attitude hébétée, calculée évidemment, qui dénotait, non l'imbécillité, mais l'adresse, la ruse, l'habitude de tromper la justice, et qui mettait dans tout son jour « la profonde perversité » de cet homme.
Hugo, les Misérables, I, VII, LX.
3 Les affaires se traitent à demi-voix, avec la ruse du campagnard et les cachotteries du trafiquant arabe (…)
E. Fromentin, Une année dans le Sahel, p. 269.
4 (…) la ruse, le plus bel instrument des hommes de génie. Lorsque le berger David atteignit au front le géant Goliath d'une pierre lancée par la fronde, est-ce qu'il n'est pas admirable de remarquer que c'est seulement par la ruse que David a vaincu son adversaire, et que si, au contraire, ils s'étaient pris à bras-le-corps, le géant l'aurait écrasé comme une mouche ?
Lautréamont, les Chants de Maldoror, II.
5 Je n'ai pas un sou vaillant dans ma poche, et je vois qu'il faudra que je remédie par industrie et ruse à ce grand mal.
France, la Rôtisserie de la reine Pédauque, XVII, in Œ., t. VIII, p. 151.
CONTR. Candeur, droiture, simplicité.
DÉR. Rusé.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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